A une heure de la Guadeloupe en bateau, Marie-Galante est l’île des artistes, des peintres, des écrivains, des musiciens.

Troisième île des Antilles françaises par la taille, Marie-Galante a le charme de la campagne, avec ses moulins, ses charrettes à boeufs et ses champs, et celui du bord de mer avec ses plages bleu tropical. Moins de tourisme qu’en «Gwada», plus de tranquillité etd’échanges avec les habitants. Ce n’est pas un hasard si les artistes s’y installent  : le poète Guy Tirolien, l’écrivain et poète Max Rippon, puis le photographe Alain Darré, le musicien Camille Sopran’n. Et enfin, l’écrivaine Gisèle Pineau. Elle nous ouvre la porte de sa «  case créole  », la maison attenante à la sienne qu’elle loue aux vacanciers. Elle nous fait découvrir une Marie-Galante confidentielle, celle qui inspire tant la romancière. Son petit coin de paradis quand elle n’est pas aux Etats-Unis ou en Europe pour parler de ses livres et plus globalement, de la littérature antillaise. Le festival Terre de Blues  offre une belle occasion de découvrir à la fois l’île et sa culture.

LE BUREAU-TERRASSE DE GISÈLE PINEAU

En 2011, la romancière guadeloupéenne décide un jour de s’installer à Marie-Galante «  pour son côté rural, familial et paisible  » dit-elle. Des vacances à Marie-Galante lui donnent envie d’y faire construire la maison de ses rêves avec une dépendance pour les touristes en mal de soleil, de calme, de nature. Gisèle Pineau a déjà publié une vingtaine d’ouvrages, romans, récits, essais. C’est ici qu’elle plantera le décor de « Fleur de Barbarie » (2005, Mercure de France) l’histoire d’une fillette venue renouer avec ses racines, sa famille et le surnaturel. Ici aussi qu’elle écrira « Cent vies et des poussières », « Les voyages de Mary Sisal » et « le parfum des sirènes », romans qui donnent la parole aux femmes, celles qui passent inaperçues, que l’on ignore ou que l’on toise. Sous la véranda, Gisèle Pineau écrit chaque matin «  en regardant se balancer les cannes, en observant les lézards verts, les colibris, les papillons  ».

LE JARDIN CRÉOLE, TRADITIONNEL

Marie Galante et Gisèle Pineau ont en commun un goût immodéré pour la poésie, l’imagination féconde. Dans le jardin de l’écrivaine, sur les hauteurs de Gaye, on retrouve toute la flore des Antilles, celle des cartes postales et des souvenirs d’antan « j’ai voulu replanter le jardin créole de man Ya, ma grand-mère de Capesterre, en Guadeloupe  » confie-t-elle. On y retrouve des hibiscus jaunes, oranges, rouges, des bougainvilliers, des fleurs de frangipanier, des balisiers jaunes et rouges, des lauriers roses, un arbre à pain, des avocatiers, des goyaviers, un arbre de pommes-cannelle, un corossolier, un manguier, un cacaoyer, des fleurs oiseaux de paradis et enfin, des bananiers. Man Ya est devenue un personnage important dans son œuvre, avec le roman « L’exil selon Julia » et « Un papillon dans la cité ».

LA CUISINE MAISON À LA PLAGE

La mer des Caraïbes est ici particulièrement jolie. Les jours de grand soleil, rien ne vaut une pause à la plage du restaurant « Au plaisir des marins » à Chalet, Saint-Louis. Une adresse appréciée de Gisèle Pineau et des locaux pour l’esprit familial, amical, les chaises longues sur ce bout de plage tranquille, le déjeuner gourmand  : poisson grillé, colombo de cabri, langouste, lambis, ti’ punch (bouteille de rhum à table, dosage à volonté). Tables sous un chapiteau et salle intérieure. Venir de préférence avant 13H30 pour avoir le choix des plats et de la table. Et du transat.

LA ROMANCIÈRE EN PLEINE RÊVERIE

L’inspiration vient aussi et surtout au moment où l’on s’y attend le moins, lorsque la vigilance se met en veilleuse, l’imagination se débride … Gisèle Pineau le soir aime bien rêver dans le hamac. Surprise par l’appareil photo, elle reste naturelle et contemplative. Elle écrit actuellement une pièce chorégraphique sur le thème de la Guadeloupe et anime des ateliers d’écriture à Grand Bourg, Marie Galante. Elle est membre du Parlement des Ecrivaines francophones, soutenu par Leila Slimani, prix Goncourt 2016.

LA CASE CRÉOLE, DÉCONNEXION TOTALE

Confort d’une maisonnette traditionnelle avec chambre, douche, coin cuisine dedans et dehors, pour profiter d’une vie à la fois cosy et en pleine nature. Sur la terrasse de la maison, un hamac, un salon d’extérieur à disposition et une piscine privée. Idéale pour un séjour en amoureux.

LA VÉRANDA CÔTÉ JARDIN

Même s’il y a le Wi-Fi, la case créole et sa terrasse nous déconnectent, nous plongent dans l’âme antillaise profonde  : vue sur les champs de canne, chant des grenouilles, chaleur tropicale de l’aube au coucher du soleil. Et «  nous partageons le soirun apéritif, un rhum vieux, un punch coco, un jus de maracudja, un cocktail de fruit parfumé de vanille et cannelle. Et nous parlons littérature, plantations, court-bouillon de poisson, ignames et goyaves, culture et peinture  » commente Gisèle Pineau qui aime échanger avec ses hôtes de passage.

LA DISTILLERIE BIELLE, PATRIMOINE MARIE-GALANTAIS

Marie-Galante est l’île aux cent moulins. Sur les hauteurs, un moulin à vent perché, une sucrerie, des hectares de champs de canne de sucre: la distillerie Bielle date de la fin du 19ème siècle. Un joli site, sans visite guidée mais avec du matériel d’époque exposé à l’extérieur, Dégustation de rhums blancs, de rhums vieux, de punchs.

LE RHUM COQUIN DE LA DISTILLERIE BELLEVUE

Outre le rhum traditionnel ou grande cuvée, on trouve ici des rhums arrangés qui ne manquent pas d’humour  : le «  Pété Bwaget  » aux épices, sensé redonner de la fougue aux maris paresseux, le «  Pété string  », au fruit de la passion, pour rallumer la flamme chez madame. Et les plus classiques  : rhum café, vanille, chocolat etc.

UNE MARCHANDE DE DOUCEURS MAISON

Aux abords des distilleries et des lieux touristiques, on peut acheter des tourments d’amour, des gâteaux coco ou à la confiture en direct à des cuisinières. Gâteaux sucrés, salés, jus, punchs.

LE CHÂTEAU MURAT, MUSÉE D’HISTOIRE

Une ancienne habitation sucrière devenue écomusée. Construite au début du 19 ème siècle par la famille Murat, une familles de planteurs venus du Cap Breton. Longtemps en ruines, le domaine retrouvé dans les années 60, devait être transformé en hôtel de luxe, projet vite abandonné. Une collecte d’objets quotidiens a permis une reconstitution de la vie à Marie-Galante, des années rétros à nos jours. A partir de cette collecte, un éco-musée a pu voir le jour. Sur le domaine, des panneaux expliquent la vie sur la plantation depuis le 19 ème siècle.

MARIE-GALANTE VUE DEPUIS LA ROUTE DE BIELLE

Toits rouges, maisonnettes, végétation aux portes, l’île a un côté village évident depuis les hauteurs. Par beau temps, on voit la Guadeloupe se dessiner juste en face.

LE COUCHER DE SOLEIL SUR LA BAIE DE SAINT-LOUIS

On peut marcher des heures le long des plages, le sable devient mangrove, la mer gagne sur la terre ferme, les amandiers se déploient dans l’écume. La broussaille et la forêt mordent sur le rivage. C’est tout le charme de Marie-Galante, ce pèle mêle d’instantanés.

LES FALAISES DE GUEULE GRAND GOUFFRE

Arche naturelle creusée par la mer, c’est là « où la mer rugit et s’engouffre sans fin, rongeant la roche calcaire des falaises  » écrit Gisèle Pineau. Un incontournable à Marie-Galante, impressionnante et difficile à photographier, par manque de recul.

Marie-Galante  : l’île des plages et des arts

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